#17 - L'ÉVOLUTION DU COMMERCE DE DÉTAIL
En visitant notre première boutique de vins, les premiers clients de Malivoire n'avaient qu'une certitude : « la vente au détail est désormais une réalité ». Avec son sol en béton, sa table pliante et ses appareils électroniques rafistolés avec du ruban adhésif, le magasin était tout sauf permanent, et pour cause. Partageant l'espace avec deux cuves fonctionnelles de 18 000 litres, la boutique était conçue pour être démontée et rangée au gré des besoins de la vinification. De plus, Martin, absorbé par la plantation de ses vignes et la mise en place de ses principes de vinification, n'était pas encore convaincu que le nouveau domaine était prêt à intégrer la vente au détail à ses activités courantes. Néanmoins, ne serait-ce que le week-end, les portes de cette première boutique restaient ouvertes.
Les lacunes en matière d'accueil étaient évidentes et des améliorations furent apportées progressivement. À l'automne 2000, la cave à vin était ouverte presque tous les jours et bientôt, le sol en béton fut carrelé. La table pliante laissa place à un comptoir de service plus attrayant et plus spacieux, qui, toutefois, toujours monté sur roulettes, restait un compromis pour privilégier la production de vin.
Pour notre dixième anniversaire, l'aménagement de la boutique affirmait clairement que le commerce de détail avait de beaux jours devant lui. Les cuves ont disparu, laissant place à un bar permanent et élégant. Parmi les autres embellissements, on trouvait des étagères lumineuses et une verrière permettant aux visiteurs d'observer la zone de production sans en subir les nuisances sonores et les projections d'eau. Face à l'afflux croissant de clients, la boutique a investi une pièce attenante, offrant ainsi l'espace nécessaire pour organiser des dégustations privées et des événements spéciaux, ou tout simplement pour désengorger le hall. Autre atout apprécié : une terrasse avec licence, nichée entre le chai et nos vignes à flanc de coteau, où les visiteurs peuvent savourer un verre de vin. 

Avec l'expansion du commerce de détail, les effectifs ont dû suivre le même rythme. Le visiteur du week-end qui, il y a vingt ans, aurait été accueilli par un ou deux employés, en trouverait désormais huit, voire plus, un samedi d'été typique.




