Honorer notre patrimoine
Honorer notre patrimoine – Les variétés méconnues de l’Ontario

Il est temps de reconnaître à leur juste valeur les cépages hybrides. Longtemps restés dans l'ombre de leurs prestigieux cousins vinifera, ces cépages ont permis, il y a longtemps, de produire de meilleurs vins dans l'est de l'Amérique du Nord et ont ouvert la voie à l'introduction du vinifera dans cette région.
Tout d'abord, nous hésitons à employer le terme « hybrides ». Bien que ce mot ne soit pas incorrect en soi, il est historiquement associé à des préjugés dépassés, depuis lors réfutés par des années de résultats probants. Nous nous rangeons du côté de ceux qui les désignent désormais comme des « cépages patrimoniaux », en raison de leur importance historique pour la viticulture française.
Après une période difficile marquée par des pratiques viticoles douteuses durant la Prohibition, une tendance vers des vins de meilleure qualité s'est amorcée au Canada dans les années 1940, après la guerre. Si l'importation de cépages vinifera était envisagée, les vignerons canadiens de l'époque avaient davantage confiance dans les hybrides développés en France au cours du siècle précédent. En croisant des cépages vinifera européens avec des cépages indigènes d'Amérique du Nord, les sélectionneurs français avaient créé de nouveaux cépages dont la rusticité aux conditions nord-américaines a séduit les vignerons canadiens.
Ainsi, dans les années 1950 et 1960, de nouveaux vins canadiens ont vu le jour à partir de plantations locales de Baco Noir, de Maréchal Foch, de Seyval Blanc et de Vidal. Bien que supérieurs à leurs prédécesseurs de l'époque de la Prohibition, rares étaient ceux qui ont marqué les esprits. Cependant, dès les années 1980, l'expérience acquise dans la culture et la vinification de ces cépages portait ses fruits, et des vins de table et des vins de glace tout à fait honorables ont fait leur apparition. L'introduction de cépages européens au Canada n'a pas non plus mis les cépages patrimoniaux au second plan ; ils ont trouvé une place de plus en plus importante dans les assemblages populaires.

Photo ci-dessus : grappes de raisin Maréchal Foch
Malivoire utilise actuellement deux cépages patrimoniaux. Le Seyval Blanc constitue la base de notre vin mousseux Che Bello, et le Foch Vieilles Vignes, notre tout premier vin rouge, demeure, 25 ans plus tard, parmi nos vins les plus emblématiques et incontournables. Les cépages patrimoniaux s'inscrivent également dans les engagements écologiques de Malivoire. Ils ne nécessitent pas de greffes racinaires et leur rusticité naturelle permet de limiter le remplacement des vignes, les interventions phytosanitaires et les mesures de protection contre les dégâts hivernaux.
Enfin, la demande croissante des régions viticoles émergentes a favorisé le développement de nouveaux cépages hybrides comme le Frontenac, l'Acadie Blanc et le Marquette. Grâce à eux, les vignobles et les caves sont devenus viables dans la baie Georgienne, la vallée de l'Outaouais, la vallée d'Annapolis et d'autres nouvelles régions canadiennes, créant ainsi des emplois et procurant du plaisir à tous.




